Je repense au dos de David1 chargé de feuilles de chate2, et le cheval, devant, pareillement chargé. Et le vert, et le frais dans la chaleur, et le dos de Diego chargé, et
une petite feuille de chate femelle, que j' apercois sur le chemin de retour, je ne resiste pas, je freine et la coupe. Ces heures passées dans le monte, ou les yeux recherchent la feuille,
et dans le vert et la solitude, la pensée flotte comme l' air, légère. Un singe vient à ma rencontre. Il joue, je joue. Je pense qu' il m' aiderait si je le lui demandais. Je regarde cet
homme assis sur la camionnette qui nous mène à Quiche, le visage au vent, le regard rapide et curieux. Il me provoque sympathie. J' y pense. Il me rapelle le singe des forets du Peten qui m'
accompagnent pendant le travail. Parfois, dans le silence, le cris d un homme. Je répond. Comme les singes et les oiseaux, nous comuniquons avec ce cris, nous nous localisons. Nous sommes
plusieurs, et bien que sans nous voir, nous avancons ensemble. Ce cris combat la peur de l' invisible danger sous les troncs morts que l' on passe. Parfois une douleur surprend, l' épine d' un
arbre, la piqure d' une fourmi. Je ne sais pas si la sensation de surprise ne supère pas celle de la douleur. Ma main se gonfle, ma nuque me brûle, je continue de marcher et couper, j' oubli, j'
avance sans m' en rendre compte, et par un cri je me rassure, j' attend la réponse, nous sommes plusieurs, et dans l' après midi, les dos chargés et le coeur léger, nous retournons au village en
chantant et en suçant des cannes à sucre. Là-bas, il y a la douceur et l' empressement des enfants, la complicité et le rire de Carla, et un atol, ou un jus, une chorreada3,
quelque chose delicieux pour la bouche et le corps. Il y a aussi de l' eau, et je frotte mon corps dans la nuit tombante avec du savon pour vêtement, entre les cochons et les poussins, je frotte
mon corps dans l' esperance d' arracher ces petites bêtes de ma peau, ces bêtes qui plusieurs semaines après continueraient de piquer et gonfler ma peau. Carla arrache des tiques de la peau
de Diego, et son rire se fait plus fort. A la nuit tombante, la lumière orangée qui suit l orage, les forets qui nous entourent, les singes qui crient et Meyli qui pleure, Diego qui m' embrasse
sur le haut d' une piramide, la lune qui n' est pas là, les mains de Carla et la tortilla, le feu, et la fumée qui me fait pleurer. Edwin nous raconte des histoires, son imagination vogue
sur des mers emplies de sirènes et de trésors, des pirates et des princes aux pouvoirs magiques, Mayli s' endor dans mes bras, David compte sur ses doigts, Diego l' aide, Kevin, qui est sourd, me
fait des signes, et nous conversons em silence. Et les belles feuilles vertes s' entassent dans la petite maison et l' occupe presque toute entière. Uaxactun. Un après midi Carla s' assoit et me
pose des questions, pendant que nous regardons la toute petite Meyli s' endormir. Je lui raconte, je lui explique comment est faite la femme et comment se forme l' enfant dans son ventre.
Elle écoute curieuse, me pose des questions sur ces “petits vers” , sur les jumeaux, me parle des milles croyances, de ce que disent les femmes ici. Toutes aimeraient savoir comment ne pas
avoir tant d' enfants. Cette conversation reviendra, parfois dans la cuisine, torteando*, au milieu des nombreux enfants distraits et agités. Parfois une petite fille s approche, curieuse de voir
la forme d' un uterus et d' entendre parler les femmes sur les femmes. Les voisines viennent aussi, et entre sourires et allusions nous conversons, nous rions, et les tortillas s' empilent dans
le panier, toues ces tortillas chaudes que nous mangerons. A l' ombre d' un bel arbre, dans le hamac, entre les piramides et l'observatoire Maya, je mendors, et Diego dessine sur le long de mon
bras un bel et grand arbre. Nous mangerons la delicieuse perdri que David a tuée sur le chemin de retour, je l' ai regardée tout le chemin, attachée au sac de feuilles, et je l' ai trouvée
trés belle, la mort lui allait bien.
1 Nous avons connut David dans le village de Uaxactum, qui se trouve dans le departement du Peten, Guatemala. Celui ci nous a recut dans sa maison, avec sa femme Carla, ses deux fils, Edwin
et Kevin, et leur fille de deux mois, Meyli. Nous avons partage avec eux, et avec leur familles, amis, voisins, plusieurs jours.
2. La feuille de Chate est une feuille verte, qui pousse dans les forets tropicales du Peten. Personne ne sait exactement a quoi elle sert, mais elle se vent a une entreprise americaine. Le
village de Uaxactum a ete cree a la base comme un campamento, pour couper le chate. Presque tous les habitants du village vivent de “chatear”. Il y a tríos type de feuille: la normale, la super (
qui est plus grande) , et la femelle ( qui a une forme diferente.). Toutes se vendent a differents prix. Pour chatear, il faut s eloigner du village, marcher plusieurs heures dans la
foret, puis s emettre a couper, reconnaitre la feuille, couper seulement les bonnes, et les entasser dans le sac. Nous avons gagne quelques sous en “ chateant”.
3. L atoll est une boisson faite de farine de ble tostee, melangee avec de leau chaude, du lait et du sucre.
La chorreada est faite a partir de banane, de farine, de lait et de sucre, frite comme une crepe a la poall.
*Acte de faire la tortilla.
Vuelvo a pensar en la espalda de David1 cargada de hojas de chate2, y el caballo, adelante, igualmente cargado. Y el verde, y el fresco en el calor, y la espalda de Diego
cargada, y una pequeña hoja de chate hembra, que percibo sobre el camino de vuelta, no resisto, freno y la corto. Esas horas pasadas en la montaña, donde los ojos buscan las hojas, y en el verde
y la soledad, el pensamiento flota como el aire, liviano. Un mono viene a mi encuentro. Él juega, yo juego. Pienso que me ayudaría si le pediría. Miro a este hombre sentado sobre la camioneta que
nos lleva al Quiché, el rostro en el viento, la mirada rápida y curiosa. Me provoca simpatía. Lo pienso. Me hace recordar a los monos de los bosques del Petén que me acompañan durante el trabajo.
A veces, en el silencio, el grito de un hombre. Le contesto. Como los monos y los pájaros, nos comunicamos con ese grito, nos localizamos. Somos varios, y aunque sin vernos, avanzamos juntos. El
grito combate el miedo del invisible peligro bajo los troncos muertos que pasamos. A veces un dolor, hasta ahí desconocido, sorprende, la espina de un árbol, la picadura de una hormiga. No sé si
la sensación de sorpresa no supera la de dolor. Mi mano se hincha, mi nuca me quema, sigo caminando y cortando, olvido, avanzo sin darme cuenta, y por un grito me aseguro, espero la respuesta,
somos varios. Y en la tarde, las espaldas cargadas y el corazón liviano, retornamos al pueblo cantando y chupando cañas de azúcar. Allá, está la dulzura y la diligencia de los niños, la
complicidad y la sonrisa de Carla, y un atól, o un jugo, una chorreada3, algo delicioso para la boca y el cuerpo. También hay agua, y froto mi cuerpo en el atardecer con jabón para
ropa, entre los chanchos y los pollitos, froto mi cuerpo en la esperanza de arrancar esos bichitos de mi piel, esos bichos que varias semanas después seguirían picando e hinchando mi piel.
Carla arranca garrapatas de la piel de Diego y su risa se hace mas fuerte. En el atardecer, la luz anaranjada que sigue la tormenta, los bosques que nos rodean, los monos que gritan y Maily
que llora, Diego que me abraza sobre el alto de una pirámide, la luna que no está, las manos de Carla y la tortilla, el fuego, y el humo que me hace llorar. Edwin nos cuenta historias, su
imaginación vaga sobre mares empli de sirenas y de tesoros, de piratas y de príncipes con poderes mágicos, Maily se duerme en mis brazos, y David cuenta con los dedos, Diego lo ayuda, Kevin, que
es sordo, me hace signos, y silenciosamente conversamos. Y las lindas hojas verdes se entassent en la pequeña casa y la ocupa casi toda. Uxactúm. Una tarde Carla se sienta y me hace preguntas,
mientras que miramos a la muy pequeña Maily dormirse. Le cuento, le explico como está hecha la mujer y como se forma el niño en su panza. Ella escucha curiosa, me hace preguntas sobre esos
“gusanitos”, sobre los gemelos, me habla de mil creencias, de lo que dicen las mujeres acá. A todas les gustaría saber como no tener tantos hijos. Esta conversación volverá, a veces en la cocina,
torteando, en el medio de muchos chicos distraídos y agitados. A veces una nenita se acerca también, curiosa de ver la forma de un útero y de oír hablar a las mujeres sobre las mujeres. Las
vecinas vienen también, y entre sonrisas y alusiones conversamos, nos reímos, y las tortillas se apilan en la canasta, todas esas tortillas calientes que comeremos. A la sombra de un lindo árbol,
en la hamaca, entre las pirámides y el observatorio Maya, me duermo, y Diego dibuja a lo largo de mi brazo un lindo y gran árbol. Comeremos la deliciosa perdiz que David mató en el camino de
vuelta, la miré, todo el camino, atada a la bolsa de hojas, y la encontré muy bella, la muerte le iba bien.
1.Conocimos a David en el pubelode Uaxactúm, que se encuentra en el Dpto. del Petén, Guatemala. Él nos recibió en su casa, con su mujere Carla, sus dos hijos, Edwin y Kevin, y su hija de dos
meses, Maily. Compartimos con ellos y con su familia, amigos, vecinos, varios días.
2. La hoja de Chate es un hoja verde que crece en los bósques tropicales del Petén. Nadie sabe exactamente para que sirbe, pero se vende a una empresa americana. El pueblo de Uxactúm fue
fundado como un campamento para cortar el chate. Casi todos los habitantes del pueblo viven de “chatear”. Hay cuatro tipos de hojas: la normal, la super (que es más grande), y la hembra (
que tienen una forma distinta) . Todos se venden a distintos precios. Para catear, hay que alejarse del pueblo, caminar varias horas por el monte, y cortar, reconocer la hoja, cortar solo las
buenas, y juntarlas en el bolso. Ganamos unos pesos “chateando”.
3. El atoll es una bebida hecha de harina de trigo tostada, mezclada con agua caliente, leche y azucar.
La chirreada esta echa con banana, harina, leche y azucar, freida como un panqueque a la salten.