Hemos tomado muchos barcos, recorrido muchos ríos. Sin embargo, no describimos un poco la vida a bordo, como para que ustedes se lo imaginen. Cuando salimos de una gran ciudad, durante los tres primeros días, se viaja como enlatado. Las hamacas se superponen, más arriba, más abajo, al fin que todos entremos. Si uno se hamaca, puede ser que sean cinco o siete los que van a seguir su movimiento. En las horas de más calor, si no está nublado, el interior del barco se vuelve un horno. Uno puede ir afuera, pero claro, nunca mucho tiempo, porque si no desaparecen sus cosas.
En general hay tres a cuatro baños (para 500 personas), y la ducha es dentro del mismo baño, cuyo tamaño y olor la hacen desagradable. Sin embargo en el último barco que tomamos, había cuatro baños y cuatro duchas separados, lo que fue toda una alegría.
Se come tres veces al día: a la mañana y a la noche, una colada (agua hervida+canela+avena), y tres panes duros; al mediodía, un arroz con un pedacito de carne (o de grasa, o de hueso) y alguna papa, pasta, o frijol. Cuando la comida está lista, la cocinera pega sobre la pared con un cucharon. Se oye entonces en todo el barco el " pom pom pom po pom" metálico. Todos, que ya estaban listos (se come a hora fija), se levantan y van rajando delante de la cocina. Se forma una cola. Una cola larga, obstinada, silenciosa, algo impaciente y algo resignada. Uno por uno, se pasa adelante de la ventanita con barras negras de hierro de la cocina, y por el hueco se tiende su ticket y su plato; o tapper, o caserola, enfin su recipiente. Ahi le ponen la comida, y se le devuelve el ticket, con una comida más tachada, y el plato.
Todos llevamos nuestro equipaje en el piso, salvo las bolsas de pan, que están colgadas, para que no se ensucien, y para poder vigilarlas. Todos tenemos esa bolsa de pan, es económica, y un complemento obligatorio.
Durante el día, la gente se ducha, charla, algunos juegan a cartas, otros con su animalito (gato, perro, pato, perico, gallina... ) . Unas mujeres pintan las uñas de pie por unos pesos, y otras venden sandías. Muchos miran pasar la orilla infinita de selva, silenciosos y atontados. Las madres, padres, hermanos, se ocupan de los bebés, quienes fastidiados no fastidian a todos cada vez más. Siempre alguno tiene una radio, y comparte con todos con la música a todo volúmen. En las horas de calor, muchos se duermen, de esos sueños pesados, acalorados, transpirados, y a la tardecita uno se despierta agotado por esa somnolencia. Seguido huele a comida, a comida rica, que nos da hambre, y que es para la tripulación. A veces huele a pescado, a marrano muerto, a baño sucio, eso según los vientos.
Cada dos o tres días, hacen un mantenimiento del barco. Pasa entonces un muchacho, barriendo todo el piso, desparramando los vómitos, los meos de animales, las gaseosas caídas, hasta formar una pirámide de mugre, plástico, embases y otros, y, concienzudamente, va tirando todo al río: el barco está limpio.
Nous avons pris beaucoup de bateaux, parcouru beaucoup de fleuves. Pourtant, nous n'avons pas décrit la vie à bord, pour que vous puissiez l'imaginer. Lorsque nous sortons d'une grande ville, pendant les trois premiers jours, on voyage comme mis en conserve. Les hamacs se superposent, plus haut, plus bas, pour que nous puissions tous entrer. Si quelqu'un se balance, il est possible qu'ils soient cinq ou sept, ceux qui vont suivre son mouvement. Dans les heures les plus chaudes, si le temps n'est pas nuageux, l'interieur du bateau devient un four. On peut aller dehors, mais bien sûr, jamais trop longtemps, parceque sinon nos equipages disparaissent.
En general il y a de trois à quatres toilettes ( pour 500 personnes), et la douche se trouve à l'interieur des toilettes même, dont la dimension et l'odeur la rendent désagréable. Pourtant, dans le dernier bateau que nous avons pris, il y avait quatre toilettes, et quatre douches séparés, ce qui fut toute une joie.
On mange trois fois par jour: le matin et le soir, colada ( eau bouillie + canelle + avoine) , et trois pains durs; le midi, un riz avec un petit bout de viande ( ou de graisse, ou d'os) , et quelques patates, ou pâtes, ou haricot rouge. Quand le repas est prêt, la cuisinière frappe sur le mur avec une louche. On entend alors dans tout le bateau le " pom pom po pom pom" métallique. Tous, qui étaient déjà prêts ( on mange à heure fixe) , se lèvent et se rendent à toute allure devant la cuisine. Il se forme une queue. Une queue longue, obstinée, silencieuse, avec un quelque chose d'impatience, et un quelque chose de résignation. Un par un, on passe devant la peitite fenêtre avec des barres noires de fer de la cuisine et par l'ouverture, on tend son ticket et son assiette; ou son tapper, ou sa casserole, enfin, son récipient. Là on lui met le manger, et on lui rend son ticket, avec un repas de plus barré, et le plat.
Tous nous avons notre équipage par terre. Sauf les sacs de pains qui sont pendus, pour qu'ils ne se salissent pas, et pour pouvoir les vigiler. Tous nous avons ce sac de pain, c'est économique, et un complément obligatoire.
Pendant la journée, les gens se douchent, conversent, certains jouent aux cartes, d'autres avec leur animal ( chat, chien, canard, perruche, poule...). Certaines femmes font les ongles de pieds pour quelques sous, et d'autres vendent de la pastèque. Beaucoup regardent passer la rive infinie de jungle, silencieux et hébétés. Les mères, pères, frères et soeurs, s'occupent des bébés, qui fatigués nous fatiguent chaque fois plus. Il y en a toujours un qui a une radio, et qui partage avec tous, avec la musique à fond. Dans les heures de chaleur, beaucoup s'endorment, de ces sommeil lourds, trasnpirés, et le soir ils se reveillent épuisés par cette somnolence. Souvent ça sent à nourriture, à un bon repas, qui nous donne faim, et qui est pour l'équipage. Parfois ça sent à poisson, à cochon mort, à toilettes sales, cela dépend des vents.
Tout les deux ou trois jours, ils font une maintenance du bateau. Passe alors un gars, balayant tout le sol, répandant les vomis, pisses de chiens et chats, les boissons tombées, jusqu'à former une pyramide de crasse, plastiques, emballages et autres, et, consciencieusement, il jette tout au fleuve: le bateau est propre.
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